SEO & IA
GEO vs SEO : pourquoi le GEO est du bullshit (et ce qui marche vraiment)
Joey Clerc
Fondateur d'Outil Digital — Product Expert Google
Depuis quelques mois, une nouvelle ligne apparaît sur les devis de certaines agences : « prestation GEO — Generative Engine Optimization ». Comprendre : l'optimisation pour ChatGPT, Gemini, Claude et Perplexity. Le pitch est bien rodé : le SEO serait mort, les moteurs génératifs auraient leurs propres règles, et il faudrait donc payer une seconde prestation, en plus du SEO, pour exister dans les réponses des IA.
On va être directs, parce que c'est notre façon de travailler : dans 95 % des cas, c'est du vent. Pas parce que la visibilité dans les IA n'existe pas — elle existe, elle compte, et elle va compter de plus en plus. Mais parce que ce qu'on vous facture sous l'étiquette « GEO » est très exactement ce qu'une agence sérieuse fait déjà quand elle fait du SEO correctement.
Cet article explique comment les moteurs génératifs choisissent réellement les entreprises qu'ils citent, pourquoi nos clients ressortent déjà dans ChatGPT et Gemini sans avoir jamais payé la moindre ligne « GEO », et ce sur quoi il faut réellement mettre votre budget.
Ce qu'on vous vend sous le nom de « GEO »
Prenez trois devis « GEO » au hasard et listez les livrables. Vous allez retrouver, quasi systématiquement, la même liste : réécriture des pages en format question/réponse, ajout de données structurées, création de contenus « citables », amélioration de la présence sur les sites tiers (annuaires, presse locale, Wikipédia, forums), travail sur les avis, clarification de l'identité de l'entreprise, maillage interne.
Relisez cette liste. Il n'y a pas une seule ligne qui ne figure pas déjà dans un audit SEO classique. Le format question/réponse, on le fait depuis les Featured Snippets, c'est-à-dire depuis 2014. Les données structurées, depuis schema.org en 2011. Les citations et la cohérence NAP, depuis que le SEO local existe. Le « GEO » n'invente rien : il renomme.
D'où vient le mot, d'ailleurs ?
Le terme « Generative Engine Optimization » vient d'un papier de recherche de fin 2023, signé par des universitaires de Princeton et Georgia Tech. Leur conclusion, très correctement formulée : certains choix de rédaction (citer des sources, ajouter des statistiques, écrire de façon factuelle) augmentent la probabilité qu'un moteur génératif reprenne votre contenu. C'est une étude intéressante, menée sur des moteurs expérimentaux, avec des conclusions mesurées.
Le problème n'est pas l'étude. Le problème, c'est ce que le marché en a fait : un acronyme marketé, décollé de son contexte, revendu comme une « nouvelle discipline » à des dirigeants de TPE qui n'ont pas les moyens de vérifier. Une observation académique — « un contenu factuel et sourcé est plus souvent cité » — est devenue une ligne de facturation à 500 ou 1 000 € par mois. C'est exactement le mécanisme qu'on a connu avec le « référencement garanti première page » il y a quinze ans : prendre un vrai sujet, lui coller une étiquette effrayante, et le vendre comme indispensable et séparé.
Le GEO est un excellent sujet de recherche et un très mauvais argument de vente.
Le test à faire avant de signer
Demandez à l'agence : « Concrètement, qu'est-ce que vous faites en GEO que vous ne faisiez pas en SEO ? » Si la réponse tient en deux slides de vocabulaire et zéro action nouvelle, vous avez votre réponse.
Ce qui change vraiment (parce qu'il y a des choses qui changent)
Soyons honnêtes jusqu'au bout : dire « le GEO n'existe pas » serait aussi malhonnête que de le vendre 3 000 € par mois. Trois choses évoluent réellement, et elles méritent qu'on adapte la méthode — pas qu'on crée un nouveau métier.
- Le volume de clics baisse sur certaines requêtes informationnelles : quand l'IA répond directement, l'internaute ne clique plus. Conséquence pratique : on investit moins sur le contenu « définition » et davantage sur le contenu transactionnel et local, celui qui déclenche un appel.
- La citation devient un objectif en soi : être nommé dans la réponse, même sans clic, alimente la notoriété de marque. On mesure donc désormais les mentions dans ChatGPT et Gemini, en plus des positions Google.
- Les données structurées prennent du poids : elles ne sont plus seulement là pour décrocher une étoile dans les résultats, elles servent à désambiguïser votre entreprise en tant qu'entité. Un balisage LocalBusiness propre, c'est du carburant pour un modèle.
Aucune de ces trois évolutions ne justifie une ligne de facturation supplémentaire. Ce sont des arbitrages de stratégie SEO, pas une discipline parallèle.
Nos preuves : des clients cités par les IA sans une seule prestation GEO
Nous gérons plus de 300 clients en SEO local, tous sans engagement, et nous avons touché plus de 1 500 fiches Google. Aucun d'entre eux n'a payé une prestation « GEO ». Pourtant, quand on teste leurs requêtes métier dans ChatGPT, Gemini et Claude, ils ressortent.
Le protocole que nous utilisons est simple et vous pouvez le reproduire vous-même en dix minutes : on prend les cinq requêtes qui génèrent réellement des appels (« couvreur urgence + ville », « ostéopathe + ville », « meilleur bowling près de + ville »), on les pose dans les trois moteurs en session neutre, et on note qui est cité, dans quel ordre, et depuis quelle source.
Le constat est systématiquement le même : les entreprises citées sont celles qui cumulent une fiche Google complète et active, un site rapide avec des pages de service précises, un volume d'avis récents et cohérents, et une identité claire répétée à l'identique partout. Exactement le socle que nous construisons depuis 2020, avant que le mot GEO n'existe.
Nos clients ne sont pas visibles dans les IA parce qu'on a fait du GEO. Ils sont visibles parce qu'on a fait du SEO sérieux, et que les IA lisent le même web que Google.
L'inverse se vérifie aussi, et c'est plus parlant encore : les entreprises que nous auditons et qui ont payé une prestation GEO chez un concurrent, sans socle SEO solide derrière, ne sont citées nulle part. On ne rattrape pas une fiche mal catégorisée et un site à 8 secondes de chargement avec des paragraphes en format FAQ.
Le cas particulier du local : là où le débat ne devrait même pas exister
Tout ce qui précède vaut pour le web en général. Mais si vous êtes un artisan, un commerce, un centre de loisirs ou un professionnel de santé, la situation est encore plus tranchée : sur les requêtes locales, les IA piochent massivement dans les mêmes sources que Google Maps et la recherche locale. Votre fiche Google Business Profile est, de très loin, la source la plus structurée et la plus fiable qui existe sur votre entreprise.
Posez la question « quel est le meilleur plombier à Agen ? » à ChatGPT ou Gemini et regardez les sources citées : la fiche Google, les avis Google, les annuaires locaux, le site de l'entreprise. Pas une seule source « GEO » exotique. Tout l'écosystème que les moteurs génératifs lisent pour parler de vous est exactement celui qu'un travail de SEO local sérieux entretient depuis des années.
- Votre catégorie principale de fiche Google indique aux IA ce que vous êtes — c'est la définition de votre entité.
- Vos avis récents et vos réponses leur indiquent si vous êtes actif et fiable — c'est leur principale matière pour vous recommander ou non.
- Vos horaires, zones d'intervention et services déclarés leur donnent les faits à citer — sans eux, il n'y a rien à extraire.
- Votre site, s'il reprend ces informations à l'identique, verrouille la corroboration dont on parlait plus haut.
C'est pour ça que nous disons que la fiche Google est le meilleur outil GEO du marché. Elle existait avant le mot, elle coûte zéro euro à créer, et aucune « prestation GEO » ne compensera jamais une fiche mal catégorisée, sans avis récents, avec des informations contradictoires.
Le signal faible à surveiller
Quand une agence vous vend du GEO mais ne vous a jamais posé une seule question sur votre fiche Google, vous savez à qui vous avez affaire : quelqu'un qui vend un concept, pas quelqu'un qui travaille votre visibilité.
Comment mesurer votre visibilité dans les IA (gratuitement, en 15 minutes)
L'un des effets les plus pervers de la mode GEO, c'est de faire croire que la mesure est inaccessible — donc qu'il faut payer pour un « suivi ». En réalité, un protocole simple, gratuit et reproductible suffit pour une TPE. Voici celui que nous appliquons à nos clients, et que vous pouvez reprendre tel quel.
- 1Listez vos 5 requêtes qui rapportent de l'argent : celles qui déclenchent des appels, pas celles qui flattent (« couvreur urgence Agen », « ostéopathe Marmande »...).
- 2Posez chaque requête dans ChatGPT, Gemini et Claude, en session neutre (fenêtre de navigation privée, non connecté, hors historique).
- 3Notez dans un tableau : êtes-vous cité ? En quelle position ? Quelle source est citée (fiche Google, site, annuaire, article) ? Quels concurrents ressortent ?
- 4Relevez les écarts : si l'IA cite un concurrent, regardez ce qu'il a de plus que vous — avis plus récents, page de service plus précise, informations plus cohérentes.
- 5Répétez l'exercice le premier lundi de chaque mois. Les réponses bougent lentement ; une mesure mensuelle suffit largement.
Quinze minutes par mois, zéro outil, zéro abonnement. Si une agence vous facture un « reporting IA », exigez de voir la méthode : si c'est exactement celle-ci automatisée, vous savez ce que vous payez.
La mesure de la visibilité IA est gratuite. Ce qui coûte cher, c'est le travail qui la fait progresser — et ce travail s'appelle du SEO.
Ce qu'il faut faire à la place : la méthode qui fonctionne sur tous les algos
Voici l'ordre dans lequel nous travaillons, et il ne change pas selon que la cible s'appelle Google, ChatGPT ou Gemini. C'est le même budget, la même prestation, un seul paiement.
- 1Verrouiller l'entité : un nom d'entreprise, une adresse, un numéro, strictement identiques sur le site, la fiche Google, les réseaux et les annuaires. C'est l'action au meilleur rapport effort/impact, et c'est celle que presque personne ne fait proprement.
- 2Optimiser la fiche Google en profondeur : catégorie principale juste, catégories secondaires pertinentes, services et zones décrits, photos régulières, posts, questions/réponses alimentées. La fiche est la source la plus citée par les IA sur les requêtes locales.
- 3Construire des pages de service précises et chiffrées : un service, une page, avec les prix, les délais, les zones et les cas concrets. Le contenu vague n'est ni classé par Google ni repris par un modèle.
- 4Baliser en données structurées : LocalBusiness, Service, FAQPage quand c'est pertinent, avec des valeurs cohérentes avec le texte visible.
- 5Travailler les avis en continu : volume, fraîcheur, réponses. Un avis récent bien rédigé alimente à la fois le classement local et le résumé que l'IA fera de vous.
- 6Aller chercher des mentions externes : presse locale, annuaires sérieux, partenaires, associations. C'est ce qui permet la corroboration dont on parlait plus haut.
- 7Mesurer sur les deux terrains : positions et appels côté Google, citations côté IA, tous les mois.
Ce que ça coûte chez nous
L'ensemble de ce socle est inclus dans notre offre Optimisation SEO Local : 400 € de mise en place puis 150 €/mois, sans engagement. Pas de ligne GEO, pas de supplément IA.
Les questions à poser à une agence qui vous vend du GEO
- Quelles actions concrètes réalisez-vous en GEO que vous ne réalisez pas en SEO ?
- Comment mesurez-vous mes citations dans ChatGPT, Gemini et Claude ? Avec quelle méthode reproductible ?
- Ma cohérence NAP est-elle déjà parfaite sur l'ensemble du web ? (Si la réponse est non, le GEO est prématuré.)
- Ma fiche Google est-elle déjà optimisée à 100 % ? Quelle est ma catégorie principale et pourquoi celle-là ?
- Y a-t-il un engagement ? Pourquoi ?
Une agence qui répond précisément à ces cinq questions mérite votre budget, qu'elle appelle ça GEO ou autrement. Une agence qui reste dans le vocabulaire vous vend une peur, pas un résultat.
Conclusion : ne payez pas deux fois pour la même chose
Le GEO n'est pas une nouvelle discipline, c'est un nouveau nom commercial pour du SEO bien fait. Les moteurs génératifs lisent le même web, s'appuient sur les mêmes index, valorisent les mêmes signaux : contenu précis, entité claire, autorité, avis, données structurées, cohérence. Rien de tout cela n'est nouveau ; ce qui est nouveau, c'est le nombre d'agences qui vous le facturent une deuxième fois.
Notre position est simple : on optimise sur LES algos, pas seulement sur Google, et c'est compris dans la prestation. Si vous voulez savoir où vous en êtes réellement — sur Google et dans les IA — on regarde votre fiche et votre site avec vous, sans engagement.
FAQ
- Le GEO existe-t-il vraiment ?
- L'enjeu existe : être cité par ChatGPT, Gemini ou Claude a une vraie valeur. Mais en tant que discipline distincte facturée à part, non : les leviers sont ceux du SEO. Ce qui change, c'est la façon de prioriser et de mesurer, pas la nature du travail.
- Faut-il réécrire tout son site en format questions/réponses ?
- Non. Le format Q/R aide sur certaines pages, mais ce qui compte est la précision de l'information : prix, zones, délais, services, preuves. Une page claire et factuelle est reprise, quel que soit son format.
- Comment savoir si je suis cité dans ChatGPT ou Gemini ?
- Posez vos cinq requêtes métier les plus rentables dans chaque moteur, en session neutre, une fois par mois, et notez qui est cité et depuis quelle source. C'est exactement ce que nous faisons pour nos clients, et c'est reproductible sans outil payant.
- Ma fiche Google compte-t-elle pour la visibilité dans les IA ?
- Énormément, sur les requêtes locales. C'est souvent la source la plus fiable et la plus structurée disponible sur une entreprise de proximité : catégorie, horaires, zone, avis. Une fiche mal renseignée vous exclut des réponses.
- Combien coûte une optimisation qui fonctionne sur Google et sur les IA ?
- Chez nous, 400 € de mise en place puis 150 €/mois, sans engagement, dans l'offre Optimisation SEO Local. Il n'y a pas de supplément « IA » ni de ligne GEO : c'est la même prestation.
- ChatGPT a-t-il son propre algorithme de classement local ?
- Non, pas au sens où Google Maps en a un. Sur les requêtes locales, les moteurs génératifs lancent des recherches web et s'appuient sur des sources déjà bien classées et cohérentes : fiches Google, annuaires, sites d'entreprises. C'est votre visibilité web existante qui détermine vos citations.
- Mon agence me propose du GEO avec un engagement de 12 mois, est-ce normal ?
- Chez nous, tout est sans engagement depuis 2020 : un travail qui produit des résultats n'a pas besoin de vous retenir par contrat. Un engagement long sur une prestation dont les livrables sont flous devrait vous alerter plus que vous rassurer.
- Faut-il bloquer ou autoriser les robots des IA sur son site ?
- Pour une entreprise locale qui cherche des clients, autorisez : vous voulez être lu et cité. Vérifiez simplement que votre robots.txt et vos réglages ne bloquent pas les crawlers IA par accident — on le voit régulièrement en audit.

Joey Clerc
Fondateur d'Outil Digital — Product Expert Google
Product Expert Google niveau Diamant sur le forum officiel de la communauté Google Business Profile. Il travaille les fiches Google et le SEO local depuis 2020 et intervient chaque année aux Google Summit.
Comment ChatGPT, Gemini et Claude choisissent vraiment qui citer
Il faut distinguer deux choses : ce que le modèle a mémorisé pendant son entraînement, et ce qu'il va chercher en direct quand vous lui posez une question. Pour une recherche du type « meilleur plombier à Agen » ou « qui peut débloquer ma fiche Google », c'est presque toujours la seconde mécanique qui s'active : le modèle lance une recherche web, lit une poignée de pages, puis rédige une synthèse à partir de ce qu'il a trouvé.
Étape 1 — la récupération
Le moteur génératif interroge un index. ChatGPT s'appuie sur son propre crawler et sur des partenariats de recherche, Gemini s'appuie directement sur l'index de Google, Perplexity mixe plusieurs sources. Si votre page n'est pas indexée, rapide, crawlable et bien positionnée sur la requête, elle n'entre jamais dans le jeu. Autrement dit : le prérequis du « GEO », c'est le SEO technique.
Étape 2 — la sélection
Parmi les pages récupérées, le modèle privilégie celles qui répondent de façon dense, factuelle et non ambiguë. Une page qui dit « nous intervenons à Agen, Villeneuve-sur-Lot et Marmande, du lundi au samedi, à partir de 80 € » sera reprise. Une page qui dit « nous mettons notre passion au service de vos projets » ne sera jamais citée, parce qu'il n'y a rien à en extraire.
Étape 3 — la corroboration
C'est le point que la plupart des vendeurs de GEO oublient : les modèles recoupent. Si votre site annonce une adresse, que votre fiche Google en annonce une autre et que trois annuaires en affichent une troisième, l'IA considère l'information comme peu fiable et cite un concurrent plus cohérent. La cohérence NAP (nom, adresse, téléphone) n'est pas un détail de SEO local : c'est le critère de confiance numéro un des moteurs génératifs.
Ces trois étapes reposent sur des signaux que le SEO travaille depuis quinze ans : indexation, performance, qualité et précision du contenu, entités claires, autorité, avis, cohérence des données. Il n'y a pas de bouton caché.